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Le Kalahari

 

Les sables du Kalahari couvrent un territoire extrêmement vaste, de plus de 900 000 km2 qui dépasse les frontières du Botswana, pour s’étendre sur une partie du reste de l’Afrique australe (l’Afrique du Sud et la Namibie notamment). L’immense majorité du territoire botswanais est occupée par le Kalahari. Cette région se visite toute l’année, en évitant les mois les plus chauds (de mi-septembre à mi-novembre). Il ne faut pas oublier que durant les mois d’hiver, de juin à septembre, il fait très frais et parfois froid la nuit.
Il est communément appelé Kalahari la région du Kalahari Central, mais cette dernière (la partie semi-désertique) ne représente qu’une petite partie du Kalahari géographique.
Deux attraits majeurs, l’un naturel, l’autre culturel, sont l’essence même de cette région du Botswana. Les paysages immenses et doux du semi désert du Kalahari, invitent à la contemplation et au calme. Contrairement à ce qu’on pourrait s’attendre à voir dans un désert, la faune sauvage y est bien présente et étonnement abondante, en dépit de la pénurie en eau de surface. La faune du Kalahari central n’est cependant pas la même que celle du delta. Les éléphants et les buffles, par exemple, en sont absents. Ici, nous sommes sur le territoire des oryx et des springboks. Les plus chanceux rencontreront léopards, guépards et lions. Ces derniers sont plus massifs que ceux de l’Okavango et de Chobe, leur fourrure plus ocre, et leur grande crinière noire est impressionnante.
Les San, parfois appelés Bushmen, ont trouvé refuge dans cette partie du pays. Un séjour dans le Kalahari est un moment idéal pour en apprendre davantage sur ce peuple historique.
Les Bushmen sont les membres du peuple San, ce peuple désormais célèbre et rendu populaire grâce au film « Les Dieux sont tombés sur la tête ». Ces chasseurs-cueilleurs étaient les premiers résidents de l’Afrique australe. Petits de stature et clairs de couleur de peau, utilisant un langage à clics, les Bushmen ont été longtemps persécutés par les peuples bantous qui ont pris le pouvoir sur l’Afrique australe, se réfugiant sur les terres arides du Kalahari où ils étaient les seuls à pouvoir survivre.
Aujourd’hui, de nombreux scientifiques se sont intéressés au peuple san, et leur culture très riche (peintures, gravures rupestres dans tout le sous-continent , mythologie…) est maintenant mise en valeur via le tourisme communautaire. De nombreuses associations tentent d’aider cette ethnie à s’intégrer à l’économie moderne.Une rencontre avec les Bushmen sera un moment fort.
Les San fascinent aujourd’hui surtout par leur mode de vie traditionnel de chasseurs-cueilleurs, totalement intégrés à la nature. L’organisation sociale du peuple est non hiérarchique. Si chaque clan à son leader, il n’est pas au-dessus des autres. La propriété n’existe pour ainsi dire pas. Tout est partagé. Les San ne sont pas nomades. Leur mode de vie de chasseurs-cueilleurs ne peut être compatible avec un vrai nomadisme, car il faut connaitre parfaitement son environnement pour y trouver les plantes, connaitre les périodes de collecte, ainsi que pour être au fait des mouvements et des comportements de la faune sauvage. On estime qu’un adulte connaitrait plus de 300 plantes et leur utilisation ! Les chasseurs connaissent pour leur part, le comportement des animaux et leurs traces, avec une finesse extrême (herbes couchées, gouttes d’urine, etc.). Les animaux sont chassés à l’arc et à la lance. Les flèches sont empoisonnées. L’habitat se résume à des huttes simples, faites de branchages et d’herbes séchées.

Les flèches empoisonnées des San

Les Bushmen enduisent leurs flèches d’un poison provenant de la larve d’un insecte « Diamphidia simplex ». Au milieu de l’été, l’insecte laisse ses œufs sur un arbuste de la famille des commiphores : lorsque les larves éclosent, elles se nourrissent de ses feuilles. Puis les larves tombent sur le sol avant de s’enfouir dans un cocon, entre 20 cm et 30 cm sous la surface de la terre. Dès la fin de l’été, les Bushmen collectent les cocons afin d’en extraire la substance toxique. Les cocons sont soit stockés dans des petits récipients protégés par du coton sauvage, soit ouverts et vidés de leur liquide blanchâtre qui sera immédiatement déposé avec grande précaution sur le bois de la flèche, juste en dessous de la pointe. Huit à dix larves sont nécessaires pour que le poison appliqué sur une flèche soit fatal. Préservé à l’intérieur du cocon, le poison garde sa valeur toxique pendant plus de trois mois. Ne connaissant pas d’antidotes à ce poison, les Bushmen prennent de grandes précautions lorsqu’ils manipulent les larves et les flèches enduites de liquide.

 

Langue à clics : Cinq sons différents, dont l’emplacement dans la phrase modifie le sens, enrichissent ainsi ces langages d’origine san ou khoi (premiers habitants d’Afrique australe). Pour écrire ces langues on utilise entre autres signes particuliers le point d’exclamation ( !) pour signaler un clic dans un mot. Le voyageur peut entendre ces langues si particulières lors de son séjour en allant à la rencontre des peuples de Namibie et du Botswana.
C’est dans cette région que l’on trouve deux réserves de grande importance : le parc transfrontalier du Kgalagadi (nom utilisé par les populations locales pour le Kalahari) et la réserve faunique centrale du Kalahari.

La Réserve faunique du Kalahari Central (CKGR)

Ce parc de 52.000 km2, plus grand que le Danemark, est le plus vaste du Botswana. Créé en 1961, il est situé au centre du pays. C’est un grand ensemble servant de séparation et de transition entre le Kgalagadi et les pans de Magkadigadi. Très peu visitée, rien ne prépare le voyageur à l’immensité de cette réserve et à sa beauté mystérieuse et intacte : Il sillonne entre les grandes plaines d’herbacées parsemées de touffes d’acacias, le bush arbustif dense et les vallées fossiles aux salines couvertes de végétation colorée, les hautes herbes argentées s’étirant interminablement sur la savane. Elle demeure la terre ancestrale des bushmen (ou San). Le CKGR est unique en ce qu’il a été créé avec l’intention de servir de lieu de refuge pour les San. Ils pouvaient y vivre selon leur mode de vie traditionnel, sans intrusion ou influence, du monde extérieur. La réserve a ainsi été fermée pendant près de 30 ans, jusque dans les années 1990. Le projet initial a été finalement abandonné afin d’y développer le tourisme et d’offrir une alternative aux safaris dans le delta et à Chobe.
En y arrivant pour la première fois, vous ressentirez immédiatement la notion d’espace et d’infini, quand votre regard se portera sur ces vastes étendues blanches de terre, de sable et de sel. Du coucher de soleil à la nuit étoilée, le ciel vous offrira une palette de couleurs et vous saisira par son éclat et sa pureté.
Pendant et peu après les pluies d’été austral (de mi-novembre à mi-avril), les prairies plates dans la partie nord de la réserve regorgent d’animaux dans les meilleures zones de pâturage. A cette époque la savane se couvre de fleurs et attire les grands troupeaux de springboks et oryx, ainsi que des autruches, zèbres, gnous bleus, bubales, élans suivis par leurs prédateurs attitrés (lions, léopards, lycaons et guépards, hyènes brunes et tachetées). C’est aussi le royaume du suricate et des petits mammifères du désert (écureuils terrestres, chacals, porcs-épics, pangolins, oryctéropes, otocyons…). Les amateurs d’oiseaux ne seront pas déçus avec les nombreux rapaces présents : aigles bateleurs, faucons, vautours, circaètes, outardes…
Quand l’herbe des pans disparaît à partir de juin, les grands troupeaux se scindent en petits groupes éparpillés dans la savane. Des points d’eau sont alimentés en permanence dans le Nord de la réserve, avec pour objectif de maintenir le plus longtemps possible les animaux dans la zone. Néanmoins, les meilleures saisons pour visiter le parc reste donc d’avril à juin et novembre et décembre.
De nombreuses activités complémentaires sont proposées aux visiteurs comme : la rencontre avec les bushmen (marche en leur compagnie pour apprendre leurs mœurs et coutumes), safari à pied et l’observation des étoiles.

Le Parc transfrontalier du Kgalagadi

 

Depuis 1999, le Parc Transfrontalier du Kgalagadi s’étend sur 38 000 km² et est sous la gouvernance de deux pays, l’Afrique du Sud et le Botswana. Auparavant contigus, le Kalahari Gemsbok National Park en Afrique du Sud et le Gemsbok National Park au Botswana ont été réunis pour n’en former plus qu’un. Approximativement les trois-quarts du parc se trouvent au Botswana. C’est la partie sud-africaine qui possède le plus d’infrastructures touristiques alors qu’au Botswana, les camps de brousse sans clôtures sont privilégiés. Les lodges proposés sont de qualité standard sans atteindre le luxe des hébergements du delta de l’Okavango ou du Parc National de Chobe.
Le Kgalagadi – littéralement « le pays de la soif » – est semi-aride avec une pluviométrie moyenne de 150 mm. Les pluies irrégulières se déversent lors d’orages spectaculaires, souvent accompagnés de vents violents et de tempêtes de poussière, entre novembre et avril. Pendant les mois d’hiver (juillet et août), lorsque les gelées sont fréquentes, la température de surface du sol peut être de 25°C moindre que la température de l’air ! En période de pluie un tapis d’herbes continu recouvre l’ensemble du parc. La couverture végétale se maintient toute l’année, ondulant au gré des vents telle une interminable chevelure argentée et assurant la nourriture des herbivores qui n’ont donc pas besoin de migrer hors du parc. Celui-ci offre une autre expérience du Kalahari que le CKGR. Il s’agit plus ici d’un paysage de dunes et le sable y est plus orangé. La faune et la flore restent cependant très proches.
La rivière Nossob sert de frontière entre l’Afrique du Sud et le Botswana. Comme pour l’autre rivière, l’Auob, le lit des deux cours d’eau reste à sec en permanence. L’eau coule cependant en profondeur sous le sol et permet la croissance des fameux « Camel Thorn Tree » ou arbres des girafes. La floraison de ces arbres au printemps rajoute des tons jaune mimosa à la palette de couleurs qui enjolive le désert en mars-avril-mai. Cet arbre est une espèce-clé du Kalahari, servant de nourriture, d’abri à tous les animaux contre la chaleur du soleil en été et de socle pour les grands nids du républicain social.
Le parc contient plus de 50 points d’eau, tous pourvus d’une éolienne à l’ancienne pour pomper l’eau. En période de sécheresse annuelle, les autres sources d’eau sont stockées dans les aliments disponibles : les melons tsamma et les concombres sauvages dont s’alimentent nombre d’antilopes et petits mammifères.

 

Les ORYX ou gemsboks, antilopes du désert

L’Oryx est une antilope qui fait preuve d’une tolérance extraordinaire aux fortes températures. Il oriente son corps de manière à exposer la plus petite surface possible au soleil, et lorsque le vent souffle il gagne la crête des dunes pour en bénéficier au maximum. Lorsqu’il ne manque pas d’eau, il a recours à l’évaporation, en suant et en haletant comme la plupart des mammifères. Lorsqu’il est déshydraté, il parvient à survivre grâce à la thermorégulation qu’il obtient par le système de ventilation abaissant la seule température de son système sanguin et de son cerveau. La température de son corps peut alors monter jusqu’à 45°C. Lorsque l’oryx halète, une évaporation intense refroidit ses muqueuses nasales qui sont drainées par de nombreuses veinules. Ainsi rafraîchi, le sang de ces veinules passe par un extraordinaire réseau situé non loin de la base du cerveau. Et lorsque le sang chaud de ses artères carotides passe dans ce réseau, il se rafraîchit à son tour, avant d’entrer dans la cavité cérébrale.
C’est l’un des animaux les plus remarquables du parc qui en a fait son emblème. Il y côtoie d’autres grands herbivores comme les gnous, damalisques rouges, koudous, élans et springboks. Les girafes ont été réintroduites dans les années 1990. Celles-ci mises à part, tous les autres animaux sont autochtones comme les grands prédateurs : lions à crinière noire du Kalahari, léopards et hyènes. On y trouve aussi des chacals et de nombreux autres mammifères dont le serval et le caracal, le suricate, l’écureuil terrestre, l’otocyon (renard à oreilles de chauve souris), l’oryctérope, les porcs épics et pangolins ou encore les renards du Cap. Le parc abrite également de nombreux reptiles et environ 280 espèces d’oiseaux. Peuvent y être notamment observés : le très rare faucon pygmée, l’autour, l’aigle martial, de Verreaux, ravisseur et bateleur, le vautour, l’autruche et le plus lourd oiseau volant, l’outarde de Kori.
La visite de ce parc sera généralement associée à celle de la Réserve Faunique du Kalahari Central, de l’Afrique du Sud et/ou de la Namibie voisines.